Lundi 28 mars 2011
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Et voici que tombe la première chronique de "A tort ou à raison".
Que du bonheur, merci Stemilou!
link
http://www.stemilou-books.com/article-a-tort-ou-a-raison-annabelle-lena-70446343.html
Quatrième de
couverture
Prise d’otages dans un entrepôt.
La violence et l’incompréhension s’abattent sur le quotidien d’innocents.
Ce que veulent les malfrats ? La libération de compatriotes retenus à
l’étranger.
Entre forces de l’ordre et bandits, le duel s’envenime. Une femme étrange est coincée
dans ce cauchemar. Son corps et son esprit doivent s’adapter pour survivre : prendre le parti de ses ravisseurs ?
Pourquoi pas, si cela permet d’éviter le bain de sang…
Avis
« Les médias créaient la
société et réclamaient du spectacle. Pour être aimé des journalistes, il fallait être mauvais. Les petites communes sans histoires n’avaient aucune chance. Le sang, plus que toute autre arme,
détenait ce pouvoir divin de leur insuffler la vie.
-
Ils nous remercieront tous, à se voir à la télévision, comme des stars !
Jamais ils n’auraient osé en rêver, la mort juste à côté de chez eux. Ces chacals auront plus de peine de voir partir les caméras que pour leurs
voisins décédés. »
Ce thriller violent et psychologique nous emmène sur les traces d’un groupe de
braqueurs hors norme.
Mieux que de piller une banque leur objectif est de s’introduire dans un entrepôt et
sous couvert de demander la libération de leurs compagnons emprisonnés afin de se faire passer pour des terroristes, ils vont en fait pirater le système informatique afin de se faire virer des
sommes modiques prélevées sur différents comptes bancaires et se constituer ainsi un super magot.
La toile de fond est posée mais se qui fait le « charme », la qualité de ce
thriller c’est la dimension psychologique. Non seulement ces braqueurs, qui ont tous un état d’esprit différent et donc des motivations différentes, sont plus terribles les uns que les autres
mais ils installent auprès de leur otage une atmosphère glacée, une peur indéfinissable, ils abattent des otages sans remords :
« Marc marmonnait pour lui
seul. Observant les otages, il hésitait sur chaque visage. Lequel serait le meilleur choix ? Face à lui étaient agenouillées des loques humaines, salies et usées. Ce ramassis d’êtres humains
lui inspirait à l’unanimité un profond dégoût. Mais, pour la beauté du geste, il ne fallait en désigner qu’un…
[…] Le revolver de Marc appuya
l’ordre d’un heurt dans les rotules. L’otage se leva, les jambes engourdies par une station assise de plusieurs heures. Enfin il redressa la tête pour découvrir le visage de Marc tout sourire.
Une grimace de plus…
-
Avance
Un coup de révolver dans
l’épaule pour indiquer la direction de l’accueil.
-
Paul, appelle-moi ce cher commissaire Feraud.
L’otage transpirait. Des
tremblements envahirent ses mains lorsque Paul tendit le combiné à Marc.
-
Commissaire Feraud ? Je libère un otage. Je ne veux voir personne bouger
de vôtre côté. C’est compris ?
Puis il
raccrocha.
-
Toi c’est ton heure de gloire. Avance.
[…] Les pas de l’otage
résonnaient dans chaque crâne. A ce moment précis, seul ce bruit existait à la surface du globe. L’homme avançait. Sur son visage, le soleil dessinait milles signes étranges. Au loin des
gyrophares lui indiquaient le chemin à suivre, là où le monde était en sécurité. Mais dans son dos, Marc dégustait chaque pas, depuis l’embrasure de la porte, comme une caresse obscène. Lorsqu’il
fut prêt à jouir, il arma son révolver, visa et tira. L’otage, touché à la nuque, s’écroula. »
Au-delà du braquage c’est aussi l’histoire d’Angèle, cette réceptionniste qui va
devenir otage puis si je puis dire Otage-VIP et échappera ainsi aux tourments infligés aux autres mais surtout à l’un des braqueurs. Une jeune fille un peu paumée qui se parle à elle-même et qui
va développer un syndrome de Stockholm.
« Chaque jour, Angèle
invoquait son amie imaginaire, qu’elle parte en repérage à l’extérieur et qu’elle retrouve Marc. Mais personne ne répondait… L’ex-otage n’y tenait plus. Il fallait qu’il réapparaisse, qu’elle
puisse enfin vivre normalement. »
Sur un peu plus d’une centaine de page, l’auteure Annabelle Léna (bloggeuse) arrive à insuffler à son récit un rythme fou et une
angoisse constante. A la violence et la psychologie se mêle un besoin de reconnaissance qui se développe autour des braqueurs mais aussi d’une de leur victime.
Un premier roman très réussi qui annonce, je l’espère, de prochaines
publications