Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 16:30


null « Elle me donnait tant de plaisir que j’en eus une peine immense. »

 

« Brusquement je veux le monde en pièces et les hommes en bouillie ! »

 

« Nous serions restés là jusqu’à ce que je grandisse et même après, à n’attendre rien que le lendemain pour repartir sur ces chemins. Il n’y avait plus les fracas du préau et les silences de la classe quand le maître fouille nos yeux pour savoir qui va être interrogé, ni les départs nocturnes de ma mère vers les hôpitaux. Il n’y avait que le soleil pour nous chauffer tranquillement, sans personne pour demander pourquoi nous n’avions plus envie de bouger, pourquoi nous restions là avec le pigeonnier, sur l’éternité de ces pierres blanchies par l’immobilité. »

 

« « Vous voulez la tuer votre mère ? » [ ] Je me suis mis à marcher seul avec cette phrase accrochée à mon cou comme un grelot de chagrin. Quand j’allais à travers le sable des pinèdes, quand je mangeais le soir loin de notre cuisine, quand je faisais semblant de m’amuser, quand je m’éveillais chaque nuit dans le long dortoir qui domine le chemin escarpé que ma mère avait repris toute seule. Quand je l’oubliais, elle était encore là cette phrase de nuit, comme une ombre qui marche à côté de vous sans trêve, dans un pays où le soleil ne se couche jamais. »

 

« Voilà ce que j’aime dans la vie, ce qui se passe dehors et qu’on ne me demande rien. »

 

« Je compris que le bonheur ça n’arrive jamais. »

 

 L'histoire:

 

Que dire de René Frégni si ce n’est qu’il manque me crever le cœur à chaque phrase et ce dans chacun de ses livres ! Sa sensibilité à fleur de plume ne peut laisser indifférent.


Le voleur d’innocence, c’est un enfant révolté contre la pauvreté de sa famille et la maladie de sa mère, un enfant qui ira trop loin…

Par Annabelle Léna - Publié dans : Les citations de mes lectures - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /2009 10:44

          
           Elle partirait un peu plus chaque jour, c’est certain, jusqu’à ne plus être là… évidement. Au commencement, seuls ses doigts battraient en retraite. Sous le soleil étouffant de Marseille, l’extrémité de ses phalanges picoteraient soudain de froid. Sans cesse il lui faudrait se frotter les mains l’une contre l’autre pour espérer les réchauffer légèrement. Mais toujours reviendrait l’engourdissement du froid et cette satanée couleur bleutée d’outre-tombe. A contrecœur, elle se résoudrait à voler des gants de ski en plein été. Partout les honnêtes gens la dévisageraient, jaseraient sous cape en montrant du doigt cette bonne femme en débardeur et gants de ski. Partout sauf lorsqu’elle arpenterait les trottoirs de son quartier, son quartier nord. Au nord de Marseille, passé l’extrême, plus rien n’e st étrange. Des matelas dorment paisiblement sur les trottoirs, à côté des frigos défenestrés la veille. Les automobilistes appliquent le code de la route du plus fort, menacent chaque piéton. Les rotweillers rodent, guettent entre les ordures, protégent le territoire qu’ils se sont attribués en l’absence de maître. Alors une femme en gants de ski…

           
           Ainsi accoutrée, elle regagnerait quelques sensations au bout des doigts mais, en apercevant flotter les burqas sombres des femmes fraîchement respectées de son quartier nord, le froid la saisirait de nouveau. La chair de poule envahirait ses avant-bras, ses mollets. Elle ne pourrait plus faire un pas sans sautiller d’un pied sur l’autre, luttant contre le givre formé à même sa peau. Il ne lui resterait plus qu’à chercher un pantalon polaire au centre de la Croix-Rouge, en face de son antenne pôle emploi. Etrangement, le souffle d’une rumeur affirmait qu’à côté des antennes pôles emplois des quartiers sud, il y avait parfois de belles grandes surfaces…

« C’est impossible. » Se résonnerait-elle en claquant des dents.

            Elle tenterait de se réchauffer, dans sa chambre surchauffée, sous ses deux couettes emmitouflée, mais en vain. Dès que pointeraient les hurlements des voisins, oppressants et insoutenables, elle soufflerait de désespoir, une buée dense de condensation s’échapperait lourdement d’entre ses lèvres.

             Ses mains, ses pieds, ses avants-bras, ses mollets ne seraient pas partis depuis longtemps que bientôt son visage plierait également bagage, lorsqu’on lui refuserait une fois de plus, la fois de trop, un emploi, sous des prétextes étranges et incompréhensibles, étrangement incompréhensibles. La tête ailleurs, elle ne se forcerait même plus à sourire. Tout juste promènerait-elle son visage figé et son regard éteint sur les trottoirs marseillais. Au début, les gens parleraient d’égarement, d’absence, tout au plus d’absentéisme. Bien au contraire, elle devinerait enfin son chemin. Elle partirait, un peu plus chaque jour, immobile au sein de son quartier nord. Le décrépitement des façades et la dégringolation des murs feraient neiger sur elle de gros flocons lourds et douloureux. Pour finir, son cerveau quitterait les lieux, déserterait la place. Les gens n’oseraient même plus approcher cette folle qui ne répond plus lorsqu’on secoue son bras.

 

            Elle ouvrirait les yeux sur une étendue blanche, un Ice-Coco fraîchement pilé à la main. A perte de vue s’offrirait un horizon vierge de tags, rien ni personne à part évidemment quelques phoques à tête de mouette. Elle découvrirait un monde silencieux où le vent ne serait contré par aucune barre d’immeubles, où le soleil brillerait pour tous. Curieuse, elle arpenterait le paysage sans trêve, sautillant parfois d’un iceberg à l’autre, se laissant glisser sur les fesses dans les descentes. Un orignal se joindrait à sa marche pour lui expliquer les baies sauvages dont elle se nourrirait.

            Puis soudain elle stopperait son élan, discernant la silhouette hostile d’un groupe d’homme approchant dans sa direction. Prise de panique qu’elle serait de ne pas trouver sa bombe lacrymogène, elle fabriquerait en hâte des boules de neige bien compactes mais étrangement le groupe d’homme la dépasserait sans aucune insulte, ni même le moindre petit crachat.

             Il ferait froid, très froid, pourtant après cette rencontre elle aurait très vite chaud de Marseille. Le dos moite de sa ville collerait à sa peau. Elle déciderait alors d’aller voir un ailleurs, encore légèrement plus au nord, s’il existait un peu de fraîcheur. Des glaciers flambant neuf trôneraient en place des HLM insalubres. Elle suffoquerait de chaleur et déciderait d’abandonner, aux pieds de ses immeubles glaciaux, ses gants de ski, son anorak et son pantalon polaire. Cela pourrait servir à un autre…

            Ainsi plus légère, elle reprendrait son méridien mais Marseille transpirerait encore de tous ses pores. Chaque fois que ses pieds toucheraient la banquise, une petite flaque baignerait soudain ses orteils, obligeant l’orignal à s’ éloigner. Tout naturellement elle demanderait alors le chemin d’une auberge au premier ours venu et, arrivée à destination, après le quatrième igloo à gauche, elle s’installerait confortablement pour la nuit. Par moment des tremblements envahiraient ses membres lorsque certains oseraient lui secouer le bras à Marseille, ou lui faire les poches, ou bien pire encore… Mais cela ne l’empêcherait pas de s’endormir paisiblement dans la fraîcheur du quartier pôle nord, si seulement elle en trouvait le chemin, troisième à gauche après son cœur.

© Annabelle Léna - 2009 - "Tous droits réservés"

Par Annabelle Léna - Publié dans : Mes inédits - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 16:31



« Mais l’Himalaya non plus ne sert à rien. Pourtant, du sommet, on a une sacrée vue ! [ ] Il faut servir la vérité, non se demander à quoi elle sert. »

 

 

 

« Comme s’il existait, au fond du sommeil, certains lieux interdits, certaines portes infranchissables, certains escaliers fatals, certains couloirs d’où l’on ne revient pas.[ ] Oui, le sommeil avait ses martyrs. »

 

« Et lui qui, en rêve, était entré dans des pays qui n’existent sur aucune carte, lui qui avait parcouru sur son lit d’interminables Sibéries, des Indes mystérieuses et des Chines inouïes, lui qui, ronflant sous ses couvertures, avait navigué sur des mers sans nom et traversé des déserts sans fin, lui qui, bercé par le tic-tac de son réveil, avait exploré le palais souterrain de la reine de Saba et les jardins suspendus de Babylone, lui dont la géographie onirique aurait pu donner matière à des centaines d’atlas, il ne pénétrerait jamais dans cette pièce située à quelques mètres de lui… »

 

« Vous et vos semblables, vous mettez les hommes en cage, et lorsque à force d’être enfermés ils sont devenus mauvais, vous en déduisez qu’ils méritent leur cage. »

 

« Et ce petit pouvoir minable, leur seul luxe, ils passaient leur vie à le suçoter comme un os. »

 

« Il m’a traité de rapouillé, la pire insulte du sommeil. »

 

« On accuse [ les kangourous ] d’être envahissants, bêtes et non comestibles. C’est exactement ce que je pense des hommes. »

 

« Il y a des choses dont on rêve parce qu’elles existent et des choses qui viennent à exister parce qu’on en rêve. »

 

« Il n’avait rien à dire parce qu’il n’y avait rien à dire. Il était devant un mur, un mur humain plein de cravates et d’opinions déjà faites, un mur infranchissable d’intellectualisme borné, un mur hérissé d’idées à la mode et de préjugés vieux comme le monde. [ ] A quoi bon parler ? Si ces gens-là, à leur âge, n’ont pas encore compris, ils ne comprendront jamais. »

 

« La vie c’est toujours ici et maintenant. [ ] Car d’espoir en espoir on va au cimetière, mais au fond de l’instant on trouve l’éternité. »

 

« Joseph décida que la vie n’était qu’un rêve dont il ne fallait pas faire un drame. Que la vie ne soit qu’un rêve peut inciter les faibles à ne rien entreprendre. Mais cela engage les âmes fortes à tout oser. »

 

« Je l’ai laissé à lui-même, ce qui somme toute est le pire des châtiments qu’on puisse lui infliger. »

 

L'histoire:

Joseph croit que le sommeil est le remède aux maux de l’humanité et se bat pour que chacun y ait droit. Il cherche au fond de son lit le trésor de la vie et dénonce le monde en proie au mercantilisme et à la rationalité.

 

Si, comme moi, vous êtes accro au dodo, vous ne pourrez plus vous passer de ce livre !

Par Annabelle Léna - Publié dans : Les citations de mes lectures - Communauté : Autour des citations
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Annabelle Léna

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