Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 11:37

 

Voici une tribune que m'a offerte l'excellent site "Livresque du Noir".

 

Ça fait du bien de vider son sac

 

link

 

 

 

http://www.livresque-du-noir.fr/2011/02/a-tort-ou-a-raison-par-annabelle-lena/

 

 

A tort ou à raison par Annabelle Lena

« À tort ou à raison », mon premier thriller, est une révolte.
Voilà… Il me semble que tout est dit. Je vous remercie pour cette tribune.

Bon d’accord, d’accord, je vous entends d’ici !
L’origine de cette gueulante ?
Tout bêtement, un journal télévisé, à l’heure du repas, inoffensif puisque qu’il n’y a pas de
Un présentateur doré comme en été annonce les méfaits du froid, un mince sourire aux lèvres. Puis des cadavres se succèdent, entre la salade et la viande. Je m’accroche à ma fourchette. Au cinéma, toute cette violence est interdite bien sûr. Mais à priori au journal, cela ne pose aucun problème. Ce n’est pas comme si un producteur hurlait « coupez !!! » et que tout le monde rentre chez soi en plaisantant. Non, là, il s’agit de vrai sang, de vraies larmes, de vrais enterrements et de vraies vies brisées. On peut donc montrer, en très gros plan.
Heureusement, pendant le fromage, un sujet s’amorce sur des agriculteurs. Ils vendent à perte… ce qui me permet de reprendre mon souffle. Après tout, c’est une logique entrée dans les moeurs. Ceux qui nous nourrissent crèvent de faim.
Aussi, vous imaginez que je pensai digérer paisiblement mais voilà qu’au dessert, une collégienne de onze ans fut renvoyée de son école. Gracieusement, elle proposait des fellations à ses camarades de classe.
J’étais consternée. Impossible de toucher à ma mousse au chocolat. Avouez que ça a de quoi foutre en rogne !

Je suis sortie de table avec un mal au ventre digne d’une recette de tripes persillées à la cervelle de porc.
Je n’avais plus d’autres choix : vomir ou écrire.
Me suis dit que l’un serait plus utile que l’autre… peut-être.

J’ai donc poussé une gueulante car je ne vis pas dans le monde du vingt heures. Je refuse que les morts soient une distraction du dîner, que mon producteur de salades perde plus d’argent qu’un flambeur à la roulette et surtout, qu’une collégienne de onze ans soit consentante lorsqu’elle propose des fellations à ses camarades de classe.
Je crois juste que l’être est humain et donc, qu’il réagit de manière aberrante, dans un contexte aberrant. Le cerveau s’adapte pour surmonter les nouveaux codes de la société, la profusion d’images insensées des magazines, des télés réalité, des clips, des journaux télévisés, des abribus, des émissions people, des buzz du net…
Fabuleux instinct de survie, l’atrocité apparaît alors normale.
Le monde bascule et nous avec, voilà tout.

« À tort ou à raison » est une course folle dans un monde fou. Une prise en otage à tombeaux ouverts où je ne me suis embarrassée d’aucunes précautions, d’aucuns détails. À quoi bon savoir la couleur des murs, lorsque tout fout le camp ?
Attention, ce thriller est un coup de poing pour réfléchir à la différence ignoble qui existe entre résignation, conditionnement et consentement.

Je vous aurais prévenu…

Par Annabelle Léna - Publié dans : Mon actualité - Communauté : ecrivains en herbe
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Annabelle Léna

Le site internet dédié à mon Roman!

Bibliographie

 

2011:

Roman "A tort ou à raison" chez Eastern Editions.

      Selectionné pour le 8ième Prix Marseillais du Polar

 

2009 :

Nouvelle « Paris, la bourgeoise », dans Filigranes n°73.

Nouvelle « La vie en rond », dans Marseille L’Hebdo n°449

 

2008 :

Nouvelle « Un pas en avant », dans Le Croquant n°57/58.

Nouvelle « À l’ombre du masque », dans Les Archers n°15.



2007 :

Nouvelle « À bras le corps », dans L’Ours Polar n°44.

 

 

En ce moment, je lis:

 

                                                                            Exagerer 

Livresque du Noir

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés