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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 08:52

 

Nouvelle petite chronique qui tombe et ça fait bien plaisir!

 

C'est par ici:

 

http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=3220

link

Enfin (tous) réunis

Psychologique - Social - Tueur en sérieMAJ jeudi 24 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

 

Annabelle Léna
Saint-Étienne : Du Caïman, septembre 2013
254 p. ; 19 x 12 cm
ISBN 978-2-919066-12-4
Coll. "Polars"

Regarder les clichés

 

Le titre de ce nouveau roman d'Annabelle Léna pourrait sembler étrange car il semble annoncer des retrouvailles or, rarement, on aura connu un personnage aussi solitaire. De fait le commissaire Rognes, personnage central de ce texte, semble avoir la manie de collectionner les photos qu'il découvre chez les victimes de meurtres, voire même d'en dérober chez les témoins ou les voisins. Pourquoi dérobe-t-il des clichés ? Peut-être parce qu'au départ lui même semble n'être qu'un cliché, un stéréotype du roman noir : un policier, aux bords de la dépression, ayant perdu sa femme et sa fille, distant et cassant avec ses subalternes, traînant de vieilles casseroles. Son adjoint aimerait d'ailleurs en profiter pour le pousser vers la sortie et prendre ainsi sa place. Le roman est d'ailleurs la longue, lente et fine description de cette descente aux Enfers, de ce besoin compulsif de créer une famille, de répondre, finalement, au titre annoncé, une quête aux conséquences imprévisibles. Le style s'accorde avec le récit en tournant constamment autour des idées sombres et des noirceurs du personnage central. On croit échapper à des incursions dans l'univers mental d'autres personnages (une voisine amoureuse, l'adjoint...) mais il ne s'agit que de faux semblants qui nous ramènent à la noirceur du propos. L'intrigue se déroule à Marseille et se base sur la recherche d'un tueur en série qui s'en prendrait aux proxénètes. Un tueur en série ou un collègue qui se débarrasse de la concurrence ? Mais le roman ne verse pas une seconde dans la galéjade ou le folklore, se concentrant sur le policier, sur son envie de réunir une famille dispersée, malgré les morts, malgré les difficultés (et les révélations finales en verront apparaître d'autres). Annabelle Léna crée une atmosphère pesante, lourde, renfermée autour de son personnage et de son obsession, entraînant jusqu'aux conséquences dramatiques un récit logique, tendu vers sa fin, maîtrisé dans une écriture qui ne laisse que peu d'occasion au lecteur de respirer lui aussi.

 

Citation

Bel quant à lui était un caniche, court sur pattes, toiletté en lion et la dentition agressive à l'extrême. Une lueur au fond de ses yeux hurlait qu'il était petit mais méchant.

 
Rédacteur: Laurent Greusardmercredi 23 octobre 2013 
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 18:47

 

Un grand merci à la Librairie le Blason pour son accueil et sa gentillesse.

Je la conseille d'ailleurs à tous les amateurs de patrimoine et de culture régionale.

Une très belle rencontre et en plus, même si ça ne se voit pas sur les photos  nous avons fait un carton plein! Tous les exemplaires d'Enfin (tous) réunis sont partis!

 

Dedicace-du-05-octobre-2013 Dedicace-du-05-octobre-2013

 

 

 

photo 1

 

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photo 3

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:42

Une nouvelle chronique pour mon polar "Enfin (tous) réunis".

 

C'est marrant comment chacun y trouve ce qu'il y trouve. Certains aiment le début, d'autres la fin, pour d'autres encore ce sont les personnages. A croire que le livre n'éxiste pas en lui-même, il n'y a au fond que des lecteurs

C'est par là:

http://alexandre.clement.over-blog.com/article-annabelle-lena-enfin-tous-reunis-editions-du-caiman-2013-120294730.html

C’est le deuxième roman d’Annabelle Léna, marseillaise de naissance et de cœur.  Rognes qui a passé la cinquantaine,  est un commissaire de police qui enquête sur l’assassinat d’une sorte de maquereau à qui on a planté un poignard dans le cœur. Plutôt déprimé depuis la mort tragique de sa femme, il traîne son amertume et ne semble plus guère motivé par son travail. Cependant un élément de la scène du crime va éveiller son attention : il s’agit d’une vieille photo de famille qui semble avoir été prise à la Ciotat, du temps que la ville abritait des chantiers navals.

 annabelle-lena-3.png

Commissariat sur la Canebière dans les locaux de l'ancien hôtel Noailles

 

 

Enfin (tous) réunis vise à allier une intrigue déroutante avec le portrait psychologique d’un homme à la dérive. Car quoiqu’il existe toute une galerie de personnages divers et variés, Rognes est bien le pivot de cette histoire. L’ensemble lorgne du côté des romans noirs à la William Irish ou à la Marc Behm. Plutôt neurasthénique, il met en scène la détresse d’un homme qui n’a jamais su faire le travail du deuil pour des raisons d’ailleurs importantes et qui seront explicitées tout à la fin.

Polar marseillais, on assiste à la description de quartiers moins souvent utilisés comme le quartier Noailles par exemple. Il fonctionne comme une dérive assez lente où ne se croisent que des personnages hostiles, ou du moins qui paraissent tels. Il y a deux histoires qui se croisent, l’enquête visant à découvrir le ou les criminels qui assassinent des maquereaux, et la quête du commissaire Rognes à la recherche de lui-même. Dans ce deuxième aspect, il y a quelque chose de fantastique, un peu comme dans un rêve ou un cauchemar. Sa relation avec Sandra, une autre femme perdue, est à l’image de ce chaos.

Si l’ouvrage a un peu de mal à démarrer, par la suite le rythme s’accélère et le dernier tiers donne d’excellentes séquences comme la confrontation entre Rognes et l’arriviste Ranc qui veux prendre sa place, ou encore la traque de l’Orphelin. Bien évidemment il ne faudra pas chercher trop de réalisme dans cette histoire, les personnages qui évoluent dans le milieu de la prostitution ne correspondent en rien à la réalité, fut-elle marseillaise. Ils servent seulement de décor à l’écroulement de la vie du commissaire Rognes.

 annabelle-lena-2.png

Une petite remarque finale qui concerne plus l’éditeur que l’auteur, la mise en page n’est pas tout à fait à la hauteur. La quatrième de couverture est difficile à lire et les retraits de paragraphes sont un peu fantaisistes, ce qui donne un côté un peu mal fini à l’ensemble.

 

Le lien ci-dessous mène à une interview d’Annabelle Léna qui permet de la mieux connaître :

 http://www.mandor.fr/tag/annabelle+lena



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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 18:09

 

Pinaise, ça y est, le premier avis tombe sur "Enfin (tous) réunis". J'aime et j'adore. En plus, je me reconnais là-dedans. L'intrigue, vous la connaissez. On la connaît tous par cœur. On s'en fout. C'est d'autre chose dont on parle. Et c'est peut-être parce qu'on connaît l'histoire qu'on peut regarder ailleurs. Mais non, je raconte pas n'importe quoi!
En tout cas, un grand merci à la Librairie Jaubert!!!! 

http://librairiejaubert.canalblog.com/



 

enfin tous réunis

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le cœur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais s’il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affronter son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul.

 

 

Mon avis :

 

2ième roman de cet auteur après " à tort ou à raison " que j'avais beaucoup apprécié, voici " Enfin (tous) réunis ".

 

J'attendais avec beaucoup d'impatience son nouveau roman, j'aime bien son style, bien noir, des personnages à la limite du tolérable et qui le deviennent aux fils des pages. Le petit truc qui fait ça quoi ...l'émotion....un monde sans chichi, sans fard...

Plusieurs sentiments me viennent après avoir refermé " Enfin (tous) réunis " : Un final des plus réussi, très déstabilisant, une bonne claque, c'est exactement" ça" que j'aime chez cet auteur. Comme quand elle nous décrit les blessures de ses personnages, leurs faces cachées.

 

Je suis plus sceptique sur l'enquête en elle-même, j'ai par moment vu le truc venir, deux révélations arrivent sans trop de surprise car elles sont presque indiquées plusieurs pages avant... MAIS JE VOUS RASSURE RIEN DE BIEN GENANT..

 

Annabelle Léna, excelle dans le roman noir, le noir bien psychologique, celui qui remue, celui qui fait cogiter et qui surprend.

Cet enquêteur "Rognes" m'a tout de de suite plu, vous trouverez le même style de personnage dans les romans scandinaves, bien écorché le mec !!

Les photos, noyau central du roman, elles vont vous mener là où vous ne le soupçonniez pas.

 

Du talent, Annabelle Léna en a, c'est sûr, elle sait nous décrire les blessures des êtres avec virtuosité. Il y a presque du "Frégni" par moments, des personnages qui nous serrent le coeur. Je l'encourage à aller dans ce sens là, elle est douée et mérite qu'on parle d'elle...

Si vous aimez les romans noirs, avec une petite enquête, des personnages bouleversants et une plume qui sait être efficace avec les sentiments, allez-y sans crainte, découvrez cet auteur de chez nous...

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 13:24

Bonjour à tous!

 

Je ne ferai que très peu de dédicaces en 2013 pour cause que je ne ferai que très peu de dédicaces en 2013.

  
Je vous donne donc rendez-vous:

 

- Le samedi 5 oct à la Librairie Le Blason (Aix-en-Provence) de 10h à 13h

 

- Le samedi 12 oct à la Fnac La Valentine (Marseille) de 14h30 à 18h

 

- Le samedi 19 oct à Cultura Plan de Campagne de 14h à 18h. 

 

Viendez, viendez! 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:27

 

Enfin (tous) réunis, mon nouveau polar se presse, il arrive !!!!!! (Article paru dans Marseille L’Hebdo du 28/08/13)

 

Vous n’avez plus d’excuses. Pour le commander, c’est par là :

 

http://editionsducaiman.e-monsite.com/pages/pour-commander/enfin-tous-reunis.html

 

 

Et il y a aussi les libraires, les sites marchands du net….

 

 

Hebdo280813

 

Hebdo2808132

 

Hebdo2808133

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 10:47

            

 

             C'est toujours un peu risqué de publier un extrait de son livre mais soyons fous! Voici les premières pages d'Enfin (tous) réunis!

 

             Et noubliez pas, après lecture, vous devez filer tout droit à cette adresse pour le commander! 

http://editionsducaiman.e-monsite.com/pages/pour-commander/enfin-tous-reunis.html

 

 

                                                       Chapitre 1. 

 

De toute évidence, cet homme à terre ne saisissait pas le banal de sa situation. Chaque détail de son corps hurlait être un cas à part : son visage crispé, ses mains bleuies agrippées au vide, sans parler de ses yeux révulsés. Et cette manière de tirer la langue…

Ce gus se croyait intéressant mais il n’y avait pas là de quoi décrocher une moule de son rocher.

Soi-disant parce qu’il avait été poignardé en plein cœur…

Eh bien justement. Ce n’était pas une raison pour de telles vulgarités. Question de principe. Un homme traverse le rivage la tête haute. Pas en tirant la langue à la manière d’un phoque qui aurait pris un coup de chaud.

Certains l’avaient oublié mais enfoncer une lame dans un palpitant était un grand symbole. Le commissaire Rognes devint rêveur... Des paysages de films d’époque défilèrent devant ses yeux. Quels duels ! Et ce cérémonial… Un jardin français en contrebas d’un château. Le parfum des fleurs de jasmin, cueillies dès l’aube. La vie de bourgeoisie dans toute sa quiétude quand soudain, une épée déchire l’air. Silence. Puis un murmure se promène parmi les feuilles d’un amandier. Un chuchotement. Tout au plus, l’exclamation d’une jouvencelle outrée. Elle porte une main délicate à ses lèvres. Son vicomte s’effondre. Les témoins avancent, solennels. Puis, délicatement, quasi tendrement, l’hémoglobine embrasse le chemisier blanc à jabots…

Oui. À l’époque, il était question d’honneur.

Depuis, la populace s’y était mise et la beauté du geste avait disparu. Démocratisation oblige, n’importe quel péquenaud goûtait désormais à l’honneur d’un tel embrochement. Ce type au sol était la caricature de la déchéance du monde, du moutonnisme ambiant. Tous prévisibles : ces amis trahis, ces femmes et ces associés bafoués. Bestiaux, ils tambourinent aux portes. La victime ouvre et ils visent la poitrine en braillant vengeance. Le cri du cœur. Alors ils pensent avoir lavé l’injure comme personne. De véritables hors-la-loi qui soufflent la fumée de leur pétard, éblouis par le soleil au zénith.

C’était d’un grotesque…

Le commissaire condamna ce cirque d’un mouvement sec du menton. Droite - gauche - droite. Il lui semblait avoir vu tous ces numéros vingt fois de trop. Assez de ces spectacles miteux ! Assez ! Par pitié, un peu de suspense ! Sans aller jusqu’à demander des effets spéciaux. Juste, une bonne dose de piment. Voilà. Une supradose qui lui perce le nez et l’oblige à tousser en se tapant le poitrail, les deux poings fermés. Voire une overdose qui le sèche sur place. Des membres arrachés, du poison, des émasculations à la machette ou alors un jeu de piste à suivre des viscères éparpillés à travers la ville. De l’imagination, bordel ! Pourquoi pas une ablation des dents afin de perforer l’estomac de la victime par leur ingestion ? Évidemment, les molaires auraient été préalablement limées en pointe. Ça aurait été captivant comme enquête, ça. Et pourquoi pas, un homme scalpé !

À la limite… si le désir de planter un couteau était irrépressible, que le tueur s’attaque à un organe plus original, les yeux par exemple… ou le cul. C’était bien, ça… un couteau dans le cul.

Bref. Ce n’était pas compliqué à trouver, les idées macabres. Ces derniers temps, des centaines tambourinaient en non-stop au cerveau du commissaire. Son chargeur accusait un trop plein de munitions et aurait pu fournir les criminels de deux départements de France en modes d’emploi.

Rognes soupira puis se gratta le front. Trop fort. Une vilaine rougeur apparut. Tous ces scénarios qui tourbillonnaient dans sa caboche étaient mauvais pour sa tension. C’était comme feuilleter des recettes de cuisine, le frigo vide. À coup sûr, des envies de meurtre, de carpaccio de foie et de cervelle à la plancha. Soudain il aurait étripé le premier venu, juste pour vider son barillet et qu’il se passe enfin quelque chose d’intéressant.

Nom de Dieu, sa journée aurait pu être si différente...

Sa vie, aussi.

Le commissaire bloqua net le train de ses pensées. Convoi dangereux. Surtout, ne pas franchir la ligne. Il eut un moulinet triste du menton puis soupira avant de jeter un regard circulaire à la pièce.

Face au cadavre poignardé, une photo sépia amassait la poussière, au centre d’une commode. Rognes l’effleura d’un index. Un cliché anonyme mais pourtant familier. Comme toutes les photos sépia. Des copies conformes de grands-parents, de grands-oncles et arrière-grand-quelque-chose permutables d’une maison à l’autre. Personne n’est réellement capable de différencier une photo de son grand-machin de celui de son voisin. Ceux qui affirmaient l’inverse en gardant ces photos stupides sous leur nez agaçaient le transit du commissaire. Aussi, sur une moue dédaigneuse, il dévia ses talons pour observer les policiers, affairés autour de la dépouille.

Ce n’était pas pour le plaisir de critiquer, évidemment, mais il les imaginait à merveille en mouches à merde. Bourdonnant en tous sens, à qui s’y collerait le plus près, qui en remplirait le plus ses narines. Jusqu’à vomir, dans le couloir, une main sur un chambranle et ainsi ressembler à un flic, un vrai des séries policières américaines.

Autant de zèle pour une poitrine transpercée dépassait le ridicule. Avec le plus grand sérieux du monde, un sous-fifre mesurait la distance entre le pied du cadavre et le pied du canapé. Comme s’il pouvait y avoir un lien entre la mort d’un homme et la proximité d’avec son canapé. Et ce, même si l’homme était particulièrement attaché à son meuble, médita le commissaire, un rictus intérieur au bord des lèvres.

D’ailleurs, Rognes ne grimaçait jamais qu’intérieurement. Son sourire n’était rien, tout au plus un léger nœud du diaphragme, un spasme invisible et cruel de l’estomac. Parfois un soubresaut d’épaule mais voilà bien le maximum. Les mortels qui frôlaient son existence ne méritaient que ce mépris acide. En toute objectivité, ils étaient inutiles à l’espèce humaine, à l’image de ce subalterne et de ses mesures grotesques. Souvent le commissaire songeait, devant les gesticulations de ses congénères, quelle formidable initiative ce serait, s’ils mettaient fin spontanément à leurs jours et que lui soit débarrassé de leurs nuisances... S’ils avaient la bonne idée de se suicider en simultané, ce serait mieux encore. Un seul service suffirait au crématorium et on n’en parlerait plus.

Ce n’était pas de l’ironie. Non. Simplement, le commissaire n’était pas d’accord. En l’occurrence, il pensait qu’un canapé, c’était comme un gentil toutou. Dévoué. Jamais ça ne ferait de mal. Et puis… quand bien même un canapé serait mêlé à une affaire d’homicide, il n’aurait jamais visé le cœur. Un canapé, c’était bien trop intègre. À la limite, il aurait donné dans l’étouffement avec ses coussins moelleux. Une mort douce et confortable, à être enlacé de toutes parts.

Le commissaire brida ses sarcasmes : son immobilité éveillait des regards suspicieux au sein de la brigade. Il se résolut donc à mimer un intérêt évident pour le cœur crevé et s’approcha du tas au sol. Le manche du couteau pointait fièrement. Une raillerie mordit Rognes mais il l’étouffa aussi sec. C’eût été malvenu d’expliquer aux membres de la brigade que lorsque le manche tenait droit ainsi, la confiture était cuite et qu’on pouvait procéder à la mise en bocaux. Ou mieux, qu’avec un manche si tendu, le cadavre pourrait emballer dur… au cimetière. Non. C’était inutile. Ils n’avaient aucun humour, de toute manière.

Un flash attira soudain son attention. Un des agents photographiait la victime, puis la photo sépia, sur la commode. L’idée germa dans la tête du commissaire qu’un jour, quelqu’un, quelque part, photographierait la photographie de la photographie. D’ailleurs le cliché serait mauvais car l’encadrement était affreux. Rouge vif et bon marché, il monopolisait l’attention au lieu de mettre en valeur l’image.

C’était certain, Rognes vomissait les photos. De sales mensonges qui ne racontent que les bons moments. À en croire les albums photo, la vie n’est que bonheurs et belles gueules. Des journées à la plage, un Pan Bagnat enfoncé dans la bouche. Ou des vacances au ski attablé devant des verres de vin chaud. Du bonheur, encore du bonheur. Par cagettes et emballé sous le sapin.

Foutaises.

Impliqué dans un homicide, un album photo attaquerait direct au cœur.

 

Rognes détourna les yeux. L’appartement était plutôt spacieux. Les fenêtres étaient ouvertes afin de chasser l’odeur du macchabée et faire enter un peu d’air frais. Ce mois de juillet promettait la pire canicule pour les semaines à venir. Il y a des chaleurs qui appellent la chaise longue et puis il y a de celles-ci, qui mettent à cran. Parce qu’il ne manquait plus que ça. De devoir suer comme des porcs, collés les uns aux autres. Bref… Le commissaire s’essuya le front d’un revers de la main et étudia la pièce. Décoration minimaliste. Une bouée de secours au nom de la Compagnie des Armateurs Réunis surplombait le bar… Il s’approcha du cliché sépia. Oui. C’était bien une bouée similaire en arrière-plan, sur la coque d’un navire. Devant l’embarcation, quatre individus : deux hommes accompagnaient deux femmes crispées et distantes.

— Commissaire, vous êtes sûr de ne pas vouloir examiner le corps avant qu’on l’embarque ? Ça pourrait être intéressant pour l’enquête, non ?

Alors comme ça, lui aussi se croyait malin. Mais peu importait. Un de plus, un de moins à lui chercher les emmerdes...

Non. Rognes ne souhaitait pas examiner le corps. Non. Sans un mot — il collectionnait déjà trop d’avertissements pour insultes à collaborateurs dans l’exercice de ses fonctions —il ôta ses gants de latex et les jeta au visage de cet impertinent. Les légistes, mal à l’aise, recouvrirent la dépouille avant de l’emmener.

Sur ce, le commissaire s’appliqua à inspecter les fenêtres. Il y surprit son reflet un instant. Ses yeux présentaient un noir profond, tout comme ses cheveux qui résistaient au temps et son humeur qui elle, avait baissé les bras. Du noir au kilo. Qu’il trimbalait avec lui, jour après jour. Ça collait à sa peau au point de rendre sombre n’importe quel vêtement qu’il endossât. Rognes semblait marcher main dans la main avec une grande faucheuse qui éloignait tout de lui. Mais ça, lui ne le remarquait pas. Aussi son regard effleura-t-il à peine son reflet avant de se mettre au travail. Pas de vis-à-vis. Du moins, les immeubles voisins étaient à bonne distance. Pas de terrasses, tout juste de vulgaires garde-fous en guise de balcon. Personne n’avait donc pu escalader jusqu’à ce sixième étage. Rognes cogitait sévère. En tout cas, c’était à s’y méprendre. Le flic en ébullition, dans toute sa caricature. Le front plissé. Les lèvres pincées, bien embêtées de découvrir un corps dans leur juridiction. Parfois une main désabusée qui gratte sa frangine. Quel enquêteur minutieux ! Personne ne lui prêtait plus attention. Et, dans le reflet de la vitre, en embuscade, il étudiait la photo sépia.

Pour une photo, c’était d’un cliché… Des parents posant avec leur fils et leur belle-fille. Les deux femmes se haïssaient tant qu’elles avaient refusé d’être côte à côte. L’une se tenait en retrait pendant que l’autre lui tournait le dos. Chacune s’encombrait d’un imposant bouquet. Elles avaient dû se le coltiner toute la journée et ne rêver que de le foutre à la poubelle. C’était une photo officielle, les sourires étaient tenus sur plusieurs minutes de manière flagrante. Les individus montraient leurs dents, rien de plus. Ils regardaient dans des directions différentes. Donc, il y avait plusieurs photographes. L’inauguration d’un navire, peut-être...

Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.

Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’échangeaient des secrets sur les méthodes d’épilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le cœur du type à terre avait été transpercé par un couteau en G-10, c'est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes[1], le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.

Mais ça, Rognes n’en savait rien…

Et surtout, il s’en foutait.

 



[1]     Collectionneurs de couteaux.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 22:22
Bonjour à toutes et à tous,
 
Mon prochain polar « Enfin (tous) réunis » sortira en septembre 2013 !
 
Il est donc l’heure des souscriptions. C’est une étape très importante pour un petit éditeur alors commandez votre exemplaire dès maintenant !
 
C’est par là  et c'est possible par CB ou par chèque:
 
N'hésitez pas à faire tourner l'info à vos contacts qui aiment le noir et qui veulent se frotter aux bas-fonds marseillais !
  
Bien sûr, si vous avez besoin d’autres infos, je reste à votre disposition sur mon blog, sur mon facebook, sur mon twitter, sur mon mail..............................
 
Hasta la vista !
 Couv-Enfin.jpg

Pitch:
             Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le cœur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais s’il s’en fout, comme il se fout de tout.
            Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affronter son propre album de famille.
            Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul.
 
 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:28

7pnEt voici ma première actu 2013 (il était temps, d’accord !!!!) Et ce n’est pas un roman ! Je vous vois d’ici trépigner d’impatience. Assez ! Assez ! Je vais tout vous dire 

 

42 auteurs, certains très connus, Franck Thilliez, Frédéric Mars, François Corbier (mais oui, Corbier !!!!) et d’autres que vous vous devez de connaître rapidement sous peine d’être ridicules en société ! Bref 42 auteurs regroupés dans un recueil. J’avoue, j’ai juste rougi de l’invitation et accepté.

 

De quoi qu’est-ce qu’il s’agit ?

Il s’agit de tordre et de mélanger deux classiques de la littérature : Les dix petits nègres d’Agatha Christie et Blanche Neige et les 7 nains des frères Grimm. Cela donne une scène de départ imposée à tous :

 

Une pièce. Autour de la table, sept nains noirs. Sur la table, le corps sans vie de Blanche. Tous les yeux sont rivés sur Armand Leprince suite à la phrase qu'il vient de lancer : "L'assassin est dans ces murs".

 

Et, comme les organisateurs sont des pervers, chaque auteur s’est vu imposer 3 mots ainsi qu’une taille maximale de 4 000 signes (grossièrement 4 pages).

 

Voilà qui donne 42 nouvelles policières complètement déjantées qui vont vous régaler. La préface est signée Jérôme Commandeur.

 

 

Mais vous me direz : pourquoi donc que ça ?

 

 

Hé bien pour récolter des fonds ! Car tous les auteurs ont accepté de céder leurs droits à une association : Les P’tits Courageux, qui cherche à mieux faire connaître les maladies facio-craniosténose syndromiques, leurs traitements et tente également de venir en aide aux familles.

Voici le web de l’assoc :

 

www.lesptitscourageux.net

 

 

Ainsi que les coordonnées du livre :

Les 7 petits nègres

L’exquise nouvelle saison 2

In Octavo éditions

ISBN : 978-2-84878-193-8 – Ft 14,1 X 22,1 cm – 216 pages

17 euros TTC

 

 

Vous vous ferez plaisir et vous ferez du bien ! Vous pouvez l’acheter auprès de l’éditeur bien sûr :

 

http://www.inoctavo-editions.com/livre.php?id_livre=174

 
mais aussi dans toutes les bonnes librairies et les sites marchands !

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 15:28

Camarguestan

« Au Camarguestan ! s’écrièrent-ils, ainsi qu’ils avaient baptisé leur nouveau terrain de jeu, telle une province russe établie sur les rives de la Méditerranée, s’étendant du delta du Rhône jusqu’à l’étang de Thau. »

 

 

« Il se dit qu’au fond, il aimait ces moments où il faut inventer le temps pour ne pas le perdre. »

 

 

« — A-t-on déjà vu un poisson s’entêter à vouloir sortir de l’eau ?

Le mot avait fait glousser les hommes, troupeau servile. Magali avait pris une longue inspiration avant de répliquer :

— Monsieur, un poisson est sorti un jour de l’eau et nous tous, humains ici présents, nous devons lui en être reconnaissants, en vertu du principe de l’évolution des espèces. »

Silence glacial dans les rangs. Mouché le commissaire. Ainsi se faisait-on un ennemi de son chef direct. Ainsi carbonisait-ton sa carrière. »

 

« Puisqu’il était en pays de tauromachie, Erno entreprit l’estocade :

— Avez-vous assisté à l’entrevue, Madame Gajan ?

Les époux Gajan répliquèrent de façon parfaitement synchrone. Problème : l’un répondit oui, l’autre non. »

 

« Se fier à son intuition tout en priant pour qu’elle soit bonne. »

 

« Notre travail consiste à chercher l’erreur qui rend ces deux réalités contradictoires. »

 

« C’était l’instant où il n’aurait pas aimé se rencontrer. »

 

 

L’histoire : Olivier Langlade, riche propriétaire de manade est manquant lors de L’encierro. Il sera retrouvé mort le jour même, la tête fracassé par une escoube (z’avez qu’à lire le livre pour savoir ce que c’est).

Mais il n’y a pas que lui qui décède mystérieusement. Il y a aussi un conseiller général de la région et ça, c’est plus embêtant.

 

Aussi on appelle en renfort le commissaire spécial Vincent Erno, chargé des enquêtes sensibles mettant en cause des personnalités. Atypique, il recherche plus la vérité que les coupables. Il dort peu, rongé par le souvenir de ses enquêtes passées et aime les femmes blessées, physiquement ou bien au niveau psychiatrique (de la simple cicatrise au bel œil de verre.)

Magali Sauve est le lieutenant en charge de l’affaire sur place. Elle fera équipe avec Erno, elle qui ne tolère aucun mot ou geste sexiste de la part de ses co-équipiers tout en s’amusant à provoquer leurs regards concupiscents

 

Nous avons donc des victimes, des flics, ils ne manquent plus que les michants !

Et justement, trois russes rodent pour affaires, s’implanter en Camargue grâce à une l’opération appelée Camarguestan. Or, il s’avère que les deux hommes retrouvés morts étaient des maillons clés de ce business.

 

Qui est donc en train de saboter l’opération Camarguestan ?

 

Un livre que je vous conseille si vous aimez l’action. L’intrigue est bien ficelée, le style efficace et les personnages attachants. Que demander de plus !

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Published by Annabelle Léna - dans Les citations de mes lectures
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Annabelle Léna

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Bibliographie

2014 : 

Nouvelle "Le silence et dors" dans l'anthologie Etranges Voyages aux Editions Sombres Rets.


2013 : 

Roman "Enfin (tous) réunis" aux Editions du Caïman

Collectif "Santé !, Les auteurs du noir face à la maladie" chez L'Atelier Mosésu  

Collectif "Les 7 petits nègres, L’Exquise nouvelle saison 2" chez In Octavo Editions 

 

2012 :

Nouvelle "Au kébab fumant" dans La Tête à l'Être n° 2 

 

2011 : 

Roman "A tort ou à raison" chez Eastern Editions. 

 

2009 :

Nouvelle « Paris, la bourgeoise », dans Filigranes n°73.

Nouvelle « La vie en rond », dans Marseille L’Hebdo n°449

 

2008 :

Nouvelle « Un pas en avant », dans Le Croquant n°57/58.

Nouvelle « À l’ombre du masque », dans Les Archers n°15.



2007 :

Nouvelle « À bras le corps », dans L’Ours Polar n°44.

 

 

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